Non aux mutilations génitales !

Ce mercredi 6 février marque la Journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines (Mgf). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) environ 120 à 140 millions de femmes ont été victimes de cette pratique dégradante et mortelle. Mais au fait, quels sont les pays les plus touchés ? Naturellement ce sont les pays africains toujours attachés aux coutumes et traditions.

En 2016, une étude menée par les Nations Unies indique que 200 millions de filles et de femmes ont été mutilées dans ces pays.

La Côte d’Ivoire fait partie des pays où la pratique de l’excision persiste. L’Unicef estime à 36% le nombre de femmes excisées en Côte d’Ivoire. Il s’agit de fillettes ou de femmes sur le point de se marier. Cette opération se fait par un exciseuse à l’aide d’une lame de rasoir ou d’une paire de ciseaux.  L’intervention peut entrainer chez les victimes des complications et parfois la mort.

On pourrait croire que le gouvernement est impuissant face à ce problème de société. Mariétou Koné, Ministre la Femme et de la Protection de l’enfant a réaffirmé sa volonté de lutter efficacement contre ce fléau. Mais en dépit des efforts, le mal demeure parce que la loi est toujours foulée aux pieds. 

Il faut souligner qu’en Côte d’Ivoire, cette pratique est interdite. L’article 2 de la loi numéro 98-757 du 23 décembre 1998, la condamnant stipule que « quiconque commet une mutilation génitale féminine est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende allant de 360.000 à 2 millions FCFA. La peine est portée au double si l’auteur est du corps médical ou paramédical. Le juge peut lui interdire l’exercice de sa profession. La peine d’emprisonnement est de 5 à 20 ans en cas de décès de la victime ».

Selon un bilan dressé par la ministre, en 2018 la prévalence en Côte d’Ivoire était de 38%, une forte tendance est constatée dans certaines régions du pays. Il s’agit du Nord et du Nord-ouest avec un taux de 70% ; 57 % à l’ouest ;  50% au Centre-Nord ; 21% au Nord-est ; 20% au Centre-Est et 13% au Centre.

L’heure de la tolérance zéro a sonné. La ministre appelle à la collaboration des parents et des communautés. Le constat est clair. La lutte continue.

Nina Kra